Je voterai le programme de stabilité, est-ce que cela fait de moi un député godillot?

Je ne le crois pas. Pourtant comme d’autres, j’ai été battu lors des dernières élections municipales. Cette défaite a été douloureuse et difficile à accepter. Je n’en ai pas pour autant convoqué mes proches pour décrire mes larmes et ma tristesse. La politique est ainsi faite et les défaites comme les victoires ont toujours des causes multiples et parfois injustes.

Réaffirmer aujourd’hui mon soutien au Gouvernement, signifierait-il que je n’ai pas entendu le message adressé par les électeurs au moment de ces élections? Je ne le pense pas non plus.

Je voterai le pacte de stabilité parce qu’il répond aujourd’hui aux trois défis majeurs auxquels est confronté notre pays : la nécessité de renforcer l’efficacité et la compétitivité de notre économie, poursuivre le redressement  de nos comptes publics tout en préservant et en renforçant le pouvoir d’achat des plus fragiles.

Pour illustrer cette nécessité je ne donnerai que trois exemples :

  • En 2008, le PIB de la France était de 2000 Milliards d’Euros, en 2013 il était quasiment identique.  Nous venons donc de vivre 5 années de croissance nulle, c’est un phénomène sans précédent dans l’histoire de notre pays. Au moment où la croissance frémit (prévision de l’ordre de 1% pour 2014), il est impératif de donner à notre économie  toutes les chances de repartir et de créer de nouveau des emplois.
  • En 2002, la dette de la France représentait  59,3% du PIB, en 2007 elle atteignait 64,4% puis en 2012, 90,6%. Une telle progression fragilise dangereusement notre pays et menace gravement notre modèle social.
  • La dépense publique représente aujourd’hui près de 1 150 Milliards par an,  le plan d’économie proposé par le Gouvernement  de 50 milliards sur trois ans est donc à rapporter au 3 450 Milliards de dépenses publiques  qui seront réalisées sur la même période. L’effort est important mais doit pouvoir être fait sans pour autant entraîner les effets récessifs annoncés par certains.

Ces constats et les objectifs du pacte de responsabilité et de solidarité sont, je crois, partagés par une très grande majorité des députés du groupe socialiste. Mais, il est vrai que ceux qui le rejettent en bloc sont plus souvent sur les plateaux télés ou devant les micros qu’en réunion de groupe et peuvent difficilement en rendre compte.

Etre d’accord sur les objectifs, ne veut pas dire pour moi partager l’intégralité des détails et des mesures proposés, mais cela me semble être un préalable.

Etre membre du groupe majoritaire à l’Assemblée Nationale comme dans un exécutif local, suppose deux conditions : le soutien loyal et l’ouverture aux débats et aux propositions.

Ces deux éléments sont indissociables et fondateurs du fait majoritaire. Toute discussion doit être possible mais au bout du compte, la position adoptée s’impose à tous.

Et c’est donc sur les éléments de contenu du plan de responsabilité que le débat est aujourd’hui engagé entre le Gouvernement et sa majorité. Et dans ce cadre, je suis pour ma part  favorable à un renforcement des mesures de solidarité, notamment pour les plus fragiles d’entre nous. Je pense notamment à celles et ceux qui perçoivent de faibles retraites ou de petits salaires dans la fonction publique. De même qu’il nous faut épargner les ménages les plus modestes de l’imposition sur le revenu et renforcer la lutte contre la fraude fiscale. Toutes ces mesures viendront en discussion lors des différents projets de loi à venir, notamment les lois de finances. Le Gouvernement se dit ouvert à la discussion. Quoi qu’il en soit les députés de la majorité exerceront pleinement leur rôle et leur pouvoir d’amendement, dans le respect des règles de fonctionnement  de tout groupe politique.

Voici pourquoi, voter le pacte de stabilité mardi 30 avril est une évidence pour moi car j’en partage les objectifs. Le détail des mesures et des priorités seront l’objet du débat parlementaire, tout le reste n’est que rodomontade et coup de menton qui ne servent pas le débat et contribuent un peu plus à déboussoler notre propre électorat.