Obligé par la loi d’abandonner un de ses trois mandats, Jean-Marie BEFFARA a expliqué,  dans une interview à la Nouvelle République,  son choix de quitter le mandat de Conseiller municipal de Loches et de rester vice-président aux Finances de la Région Centre. Le député de l’Indre-et-Loire a ainsi affirmé avoir « le sentiment d’être plus utile au territoire lochois depuis le conseil régional. »

Article de la Nouvelle République du 07/08/2012

L’opposition privée de chef

Désormais député, Jean-Marie Beffara a tranché : il démissionne du conseil municipal. Mais le socialiste n’a pas renoncé à faire tomber la ville à gauche.

Trop de casquettes. Alors que François Hollande s’est engagé à légiférer contre le cumul des mandats, le chef de file de l’opposition lochoise Jean-Marie Beffara ne pouvait pas conserver tous les siens. Député tant que Marisol Touraine demeure ministre, il a décidé de rester vice-président du conseil régional en charge des finances et de quitter le conseil municipal de Loches. Il a envoyé hier sa démission par lettre recommandée au maire et au préfet.

Pourquoi avoir choisi de conserver votre vice-présidence à la Région plutôt que votre siège de responsable de l’opposition municipale, alors que vous avez été le premier candidat à vous déclarer en vue des municipales de 2014 ?
« J’ai le sentiment d’avoir engagé des dossiers importants au conseil régional en tant que vice-président en charge des finances. C’est une décision que j’ai prise de concert avec François Bonneau (président du conseil régional, NDLR). Mais cela ne remet aucunement en cause mon attachement à la ville de Loches. »

Quels critères ont joué dans votre choix ?
« J’ai le sentiment d’être plus utile au territoire lochois depuis le conseil régional. C’est en tant que conseiller régional que je siège à la Maison de l’emploi et à la Mission locale de la Touraine côté Sud ou encore au lycée. Si je n’étais plus conseiller régional, je ne serai plus dans ces différentes instances. Je peux davantage porter la parole de ma sensibilité en tant que conseiller régional qu’en tant que conseiller municipal. L’autre raison, mais ce n’est pas la principale, c’est que je ne suis pas député pour 5 ans, mais pour un mandat à durée déterminée (tant que Marisol Touraine reste au gouvernement, NDLR). »

Faut-il comprendre, au travers de la dernière raison que vous avancez, que la question financière est entrée en ligne de compte ?
« Pas du tout. Les indemnités des élus sont écrêtées. Je n’ai donc aucun intérêt à les cumuler. Non, il s’agit de capacité d’action. Si demain je n’étais plus que conseiller municipal de Loches, cela me donnerait moins de surface pour agir pour mon territoire. »

Renoncez-vous donc à prendre la mairie de Loches ?
« Aucunement. 2014 (date des prochaines municipales, NDLR), c’est dans deux ans. D’ici là, la loi sur le cumul des mandats sera passée. On verra ce qu’elle autorise ou pas. Que je sois candidat ou pas, j’entends bien œuvrer pour que la ville de Loches passe à gauche et devienne socialiste. »

Quitter les bancs de l’opposition municipale au conseil n’a pas dû être une décision facile à prendre…
« Cela n’a pas été simple, en effet. Mais je l’ai prise en concertation avec les élus auprès desquels je travaille aussi bien à Orléans (au conseil régional, NDLR) qu’à Loches. J’ai demandé leur avis aux conseillers municipaux de gauche : ils étaient d’accord avec le choix du siège de conseiller régional. »

Qui va être désormais le porte-parole de la gauche au sein du conseil municipal ?
« Tous mes colistiers sont déterminés à porter une parole forte. Nous n’avons pas vraiment défini de porte-parole. »

André Sehmer, peut-être ? Ou bien Denis Maljean ?
« André Sehmer a l’expérience et la sagesse. Denis Maljean est jeune et talentueux. La gauche fera entendre l’ensemble de ses voix. »

Propos recueillis par Pierre Calmeilles
CC photo : LaNouvelleRépublique