La victoire aux élections législatives du mouvement « Syriza » et l’accession au pouvoir d’Alexis Tsipras ouvrent une nouvelle page de la vie politique en Grèce et de fait en Europe.

Quelques commentaires politiques sur cette élection :

-          Homme de gauche, je me réjouis de la victoire d’un mouvement de gauche, après des années d’austérité aux conséquences dramatiques pour beaucoup de grecs. Nous parlons de vraie austérité, pas du rétablissement des finances publiques tel que nous le menons en France. Je relève que la victoire a été permise par l’infléchissement d’un certain nombre de positions politiques : « Syriza » ne veut notamment plus faire sortir la Grèce de l’Euro et reconnaît la nécessité de réformer profondément le pays. Le Pasok disparaît de l’échiquier politique grec, payant probablement ainsi le prix de sa coalition avec la droite grecque.

-          Les défis à relever sont nombreux : renégociation de la dette, lutte contre la fraude fiscale, lutte contre la corruption, réformes structurelles, croissance et emploi. Le respect des engagements, la solidarité et le retour de la confiance seront les clés de la réussite de ce nouveau gouvernement. A ce titre, l’alliance de gouvernement de Syriza avec le Parti Grec Indépendant, notoirement eurosceptique, homophobe et xénophobe, pose question. Elle devrait, logiquement, poser aussi question à ceux qui voient dans Syriza l’avenir de la gauche française.

-          La Grèce peut compter sur la France. François Hollande porte en effet depuis 2012 le message d’une réorientation de la construction européenne vers davantage d’investissement, davantage de croissance et davantage d’emplois. L’élan populaire autour de Syriza vient renforcer ce message, et la prochaine rencontre entre Alexis Tsipras et François Hollande sera l’occasion d’approfondir cette perspective.

-          La Grèce peut aussi compter sur les gouvernements des pays de l’Union Européenne : la victoire de Syriza nous montre que ce n’est pas uniquement à Berlin que se joue l’avenir, mais aussi et surtout dans chacune des capitales des Etats Membres et à Bruxelles.