Un article assouplissant la loi Evin a été voté mardi soir lors de l’examen du projet de loi Santé à l’Assemblée nationale.

J’ai voté contre cet article, introduit par des sénateurs au cours de l’examen au Parlement et qui ne faisait pas partie du texte originel déposé par le Gouvernement.

La modification de la loi Evin ne me parait pas opportune à l’occasion de l’examen d’un texte qui a pour objectif le développement de la prévention et la préservation de la santé des français.

En effet, l’équilibre de la loi Evin ne me semble pas devoir être remis en cause, au vu des dégâts que cause l’alcool chaque année dans notre pays : 48 000 morts et de nombreuses familles confrontées à des drames quotidiens.

De plus, les nombreux articles de presse publiés au cours des derniers mois n’ont pas été empêchés par la loi. Si certains articles sont été condamnés par le passé, comme l’argumentent les défenseurs de cet article, leur nombre est extrêmement limité (cinq en vingt-cinq ans). Aucun n’a été condamné sur son seul contenu rédactionnel : soit le message sanitaire obligatoire n’apparaissait pas, soit l’article ne décrivait pas le produit dans des termes objectifs, soit l’article comportait des visuels trop incitatifs.

Enfin, la loi Evin n’est en rien incompatible avec la consommation d’alcool et ne remet pas en cause le plaisir de boire un verre de vin. Cette loi n’a pas empêché la Touraine de s’affirmer comme une grande région viticole qui exporte à l’international et n’a pas freiné la création de routes des vins, de musées et de caves de dégustation indiquées sur le bord des routes…

La découverte et la promotion de l’oeno-tourisme ne sont pas incompatibles avec la mise en place d’une politique de santé publique et n’ont pas été empêchées par l’application actuelle de la loi Evin.